Vrain-Lucas savait flatter le nationalisme de ce pauvre Chasles et il n'hésitait pas à mettre sous la plume de ses correspondants imaginaires les plus incroyables louanges envers notre pays. Voici ce qu'écrivait Alexandre le grand à Aristote:
Alexandre, rex, à son très aimé Aristote, salut.
Mon amé, ne suys pas satisfait de ce qu'avez rendu public aulcun de vos livres, que devez garder soubs le scel du mystère, car c'est en profaner leur valeur. Or donc, vous prins retirer iceulx des mains profanes et ne plus doresnavant les rendre public sans mon assentiment. Quant à ce que m'avez mandé d'aller faire un voyage au pays des Gaules, afin d'y apprendre la science des Druides desquel Pythagoros a fait si bel éloge, non seulement vous le permets, mais vous y engage pour le bien de mon peuple, car n'ignorez pas l'estime que je fais d'icèle nation que je considère comme étant cèle qui a porté la lumière dans le monde. Je vous salut.
Ce XX des Kalendes de may, an de la CV olympiade.
Alexandre.
C'est d'ailleurs ses sentiments patriotiques qu'invoquera Vrain-Lucas pour sa défense. Le tribunal, lui infligera deux ans de prison. Le plus drôle c'est que toutes ces lettres fausses sont aujourd'hui devenues des documents historiques et, en tant que tels, ils se trouvent à la Bibliothèque Nationale.
Belle revanche pour le petit escroc!
samedi 13 septembre 2008
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